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	<title>Ici et ailleurs</title>
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	<description>Association pour une Philosophie Nomade</description>
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		<title>Ici et ailleurs</title>
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		<title>X - Xi Jinping imperator, ou de la standardisation des discours sur le &#171; grand autre &#187;</title>
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		<dc:date>2018-04-22T14:40:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khosrow Chebdiz</dc:creator>


		<dc:subject>Revue Casus Belli</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le XIX&#176; Congr&#232;s du Parti communiste chinois a constitu&#233; une bonne occasion de v&#233;rifier &#224; quel point le discours journalistique &#224; propos d'un objet qui, &#224; plus d'un &#233;gard, constitue l'incarnation de l'alt&#233;rit&#233; la plus saillante et la plus massive aux yeux de la doxa occidentale &#8211; la Chine, le r&#233;gime chinois et le monde chinois &#8211; est entr&#233; dans l'&#232;re du copier-coller. L'homog&#233;n&#233;isation de ce qui tient lieu d'analyses des processus en cours en Chine tels qu'ils critallisent &#224; l'occasion de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ici-et-ailleurs.org/spip.php?page=mot&amp;id_mot=96" rel="tag"&gt;Revue Casus Belli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le XIX&#176; Congr&#232;s du Parti communiste chinois a constitu&#233; une bonne occasion de v&#233;rifier &#224; quel point le discours journalistique &#224; propos d'un objet qui, &#224; plus d'un &#233;gard, constitue l'incarnation de l'alt&#233;rit&#233; la plus saillante et la plus massive aux yeux de la doxa occidentale &#8211; la Chine, le r&#233;gime chinois et le monde chinois &#8211; est entr&#233; dans l'&#232;re du copier-coller. L'homog&#233;n&#233;isation de ce qui tient lieu d'analyses des processus en cours en Chine tels qu'ils critallisent &#224; l'occasion de la r&#233;&#233;lection de Xi Jinping au poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du PCC est le r&#233;sultat d'une &#233;volution au long cours qui, depuis la chute du r&#233;gime sovi&#233;tique et de ses satellites, affecte les repr&#233;sentations occidentales et occidentalocentriques de l'alt&#233;rit&#233; &#8211; ou plut&#244;t de toutes les formes culturelles, historiques et politiques qui, du point de vue de la fabrique des discours occidentale, pr&#233;sentent des traits d'incompatibilit&#233; ou des &#233;carts significatifs avec ce qui, pour elle, constitue la norme des normes &#8211; &#171; la d&#233;mocratie &#187; &#8211; de march&#233; et de repr&#233;sentation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la configuration de la guerre froide, le discours de l'affrontement et la vitup&#233;ration contre l'ennemi (dont l'anticommunisme &#233;tait la matrice) n'&#233;tait pas incompatible avec la reconnaissance de l'existence d' &#171; espaces autres &#187; politiques &#8211; les Etats socialistes. Dans ce monde tiss&#233; d'ambivalences (qui sont le propre de toute paix arm&#233;e et, en l'occurrence de la figure de la &#171; coexistence pacifique &#187; entre Etats dot&#233;s de r&#233;gimes politiques reposant sur des pr&#233;misses que tout oppose), quelque chose persiste, dans les repr&#233;sentations occidentales de la conflictualit&#233; avec un grand autre, de la figure imm&#233;moriale (consign&#233;e entre autres dans &lt;i&gt;La R&#233;publique&lt;/i&gt; de Platon et devenue un marronnier de la philosophie politique classique) de la &lt;i&gt;relativit&#233;&lt;/i&gt; des r&#233;gimes politiques les uns aux autres, ou bien encore du fait que la question des formes politiques (la &lt;i&gt;politeia&lt;/i&gt;) se trouve plac&#233;e sous un r&#233;gime de multiplicit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas seulement qu'il faut bien coexister avec les Etats socialistes, mais aussi qu'il serait alors difficile d'en nier la r&#233;alit&#233; massive, sans oublier l'attrait variable qu'ils peuvent exercer sur des portions des opinions occidentales, dans les milieux populaires et intellectuels notamment. Ce conservateur bon teint qu'est Raymond Aron est un parfait repr&#233;sentant de ce r&#233;gime d'ambivalence : paladin de la d&#233;mocratie lib&#233;rale d'une part, partisan d'une certaine ouverture vis-&#224;-vis de l'URSS au temps du khrouchtch&#233;visme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes pass&#233;s en quelques d&#233;cennies de cette approche &#224; g&#233;om&#233;trie variable de l'alt&#233;rit&#233; (ou de la diff&#233;rence ayant le diff&#233;rend pour fond) &#224; une tout autre approche, dont le propre est non seulement d'&#234;tre f&#233;rocement recentr&#233;e sur des usages d'un &#171; nous &#187; vindicatif et tous azimuts, mais surtout d'exclure d&#233;sormais toute possibilit&#233; de validation d'un quelconque contrechamp, je veux dire de formes culturelles, politiques ou discursives fond&#233;es sur de &lt;i&gt;tout autres pr&#233;misses&lt;/i&gt; que celles qui, chez nous et pour nous, font autorit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le contexte g&#233;opolitique, g&#233;ostrat&#233;gique global d'aujourd'hui, la question de la Chine, du r&#233;gime et de la puissance chinois est devenue par excellence le terrain d'application et d'exp&#233;rimentation de ces nouvelles conditions discursives. C'est en effet sur ce qui se trouve subsum&#233; sous le &#171; nom de la Chine &#187; que se focalisent les enjeux contemporains de l'h&#233;g&#233;monie &#8211; sommes-nous (ou pas) entr&#233;s dans une phase de transition (pacifique ou violente) entre une forme (un syst&#232;me, un bloc) h&#233;g&#233;monique et un(e) autre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux conditions de l'ordre discursif qui impose ses conditions sur un mode toujours plus p&#233;remptoire, autoritaire et policier en Occident aujourd'hui, &#224; ces conditions qui sont celles de la total-d&#233;mocratie et de l'imp&#233;rieux TINA (There Is No Alternative &#8211; sous entendu &#224; l'ordre n&#233;o-imp&#233;rial pr&#233;sent et &#224; son syst&#232;me normatif), la puissance chinoise et le mod&#232;le politique (la &lt;i&gt;politeia&lt;/i&gt;) qui en soutienne la mont&#233;e en puissance ne peuvent qu'&#234;tre qualifi&#233;s et d&#233;cri&#233;s dans les termes les plus impensants qui soient, dans les formes verbales les plus d&#233;pourvues de port&#233;e analytique qui se puissent concevoir. C'est donc aux clich&#233;s les plus conventionnellement r&#233;pusifs que l'on recourra pour qualifier la consolidation de la position de Xi Jinping &#224; la t&#234;te du Parti et de l'Etat chinois. Dans sa version &lt;i&gt;soft&lt;/i&gt;, cette imagerie destin&#233;e &#224; souligner l'ext&#233;riorit&#233; du monde chinois &#224; la civilisation d&#233;mocratique, s'en va puiser dans les d&#233;chettries de l'imaginaire monarchique/imp&#233;rial en tant qu'incarnation d'un pass&#233; r&#233;volu et r&#233;voqu&#233; : &#171; Le XIX&#176; Congr&#232;s du Parti communiste chinois a &lt;i&gt;couronn&#233;&lt;/i&gt; sans surprise Xi Jinping &#187; (Nicolas Baverez, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;). Mais, &#224; tout instant, cette version fond&#233;e sur un usage arbitrairement s&#233;lectif des images royales et imp&#233;riales (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; ne se soucie gu&#232;re de railler l'intempestivit&#233; anachronique de figures comme l'empereur du Japon, le roi de Tha&#239;lande ou celui d'Espagne...) est susceptible de s'effacer au profit de la version &lt;i&gt;dure&lt;/i&gt; &#8211; &#224; l'int&#233;rieure d'une m&#234;me phrase, parfois : &#171; (&#8230;) La concentration de tous les pouvoirs entre les mains du &lt;i&gt;nouvel Empereur rouge&lt;/i&gt; et le renouveau &lt;i&gt;totalitaire&lt;/i&gt; pourraient se retourner contre la poursuite de la transformation du pays (ibid.) &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment, dans ce brouet id&#233;ologique, le monarchique, l'imp&#233;rial et le totalitaire s'entendent comme larrons en foire &#8211; c'est &#233;videmment la question que les m&#226;nes d'Hannah Arendt seraient en droit de poser &#224; ce petit ma&#238;tre &#224; danser de la pens&#233;e n&#233;o-conservatrice... Mais l&#224; n'est pas le plus important, Olivier Razac a bien montr&#233;, &#224; l'article &#171; Eclectisme &#187; du pr&#233;sent ab&#233;c&#233;daire, que le bric-&#224;-brac est l'&#233;l&#233;ment naturel de ce qui sert de pens&#233;e et de doctrine &#224; cette engeance-l&#224;...&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus d&#233;cisif est le geste m&#234;me qui inspire ces borborygmes : celui qu'appelle une &lt;i&gt;politique de l'ennemi&lt;/i&gt; fond&#233;e sur ce paradoxe : elle est, en son fond, intrins&#232;quement schmittienne, c'est-&#224;-dire constamment port&#233;e &#224; n'accorder &#224; celui-ci quelque de l&#233;gitimit&#233; que ce soit, &#224; le d&#233;crier comme ext&#233;rieur au champ de la normativit&#233; inclusive auto-institu&#233;e par le narrateur occidental, bref &#224; le criminaliser comme ennemi de la d&#233;mocratie &#8211; mais ceci sans pouvoir le d&#233;signer ouvertement comme ennemi d&#233;clar&#233;, &lt;i&gt;outlaw&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;rogue&lt;/i&gt;, etc. &#8211; question de circonstances, de rapports de forces, etc. C'est toute la diff&#233;rence entre la Chine et la Cor&#233;e du Nord, entre Xi Jinping et Kim Jun-un.&lt;br class='autobr' /&gt;
La catastrophe politique, intellectuelle, discursive que constitue le passage &#224; ce r&#233;gime de l'Un-seul de la total-d&#233;mocratie f&#233;rocement allergique &#224; tout contrechamp se mesure &#224; la qualit&#233;, par antiphrase, des qualificatifs, des diagnostics et des verdicts qui ont fleuri dans la presse de r&#233;f&#233;rence, ici et ailleurs, &#224; l'occasion du r&#233;cent congr&#232;s du PCC. Que l'on n'aille surtout pas imaginer que les suppos&#233;s clivages politiques institutionnels (droite/gauche, progressistes/conservateurs...) op&#232;rent en l'occurrence quelque diff&#233;renciation que ce soit. Tandis que Baverez s'applique &#224; bidouiller l'audacieux concept de &#171; monarcho-totalitaire &#187;, Sylvie Kaufmann opte, dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, pour un autre &#233;m&#233;tique &#8211; &lt;i&gt;la dictature&lt;/i&gt;, le spectre toujours mobilisable du dictateur dont la g&#233;n&#233;alogie moderne renvoie inexorablement aux pires cauchemars du XX&#176; si&#232;cle : &#171; Le 'socialisme aux caract&#233;ristiques chinoises' de Xi Jinping se veut un mod&#232;le alternatif, et un mod&#232;le exportable. Si 'l'&#232;re' est nouvelle, cependant le mod&#232;le de la concentration des pouvoirs dans les mains d'un seul homme et de son parti, lui, est familier. &lt;i&gt;Cela s'appelle une dictature&lt;/i&gt;. Son succ&#232;s serait, pour le coup, une authentique innovation &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Sissi imperator et mar&#233;chal&lt;/i&gt;, bourreau de son peuple et fossoyeur de l'esp&#233;rance n&#233;e sur la place Tahir, re&#231;u en grande pompe &#224; l'Elys&#233;e, c'est autre chose : un ami de la France, un client fid&#232;le de &#171; nos &#187; industries d'armement, le garant en titre de la &#171; stabilit&#233; (lol) au Proche-Orient &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Brice Pedroletti, correspondant du m&#234;me journal &#224; P&#233;kin et t&#233;moin &#224; charge inlassable des &#171; d&#233;rives autoritaires &#187; du r&#233;gime chinois, rel&#232;ve avec panache le gant lanc&#233; par sa coll&#232;gue : ce n'est pas seulement, note-t-il, que le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du PCC a pris soin qu'aucun successeur potentiel ne soit &#233;lu d&#233;sign&#233; au nouveau comit&#233; permanent du bureau politique, que s'affiche donc &#224; P&#233;kin un &#171; pouvoir absolu &#187; de type n&#233;o-mao&#239;ste, avec la promotion de la &#171; pens&#233;e &#187; du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral ; c'est, ajoute-t-il, s'abritant derri&#232;re l'autorit&#233; d'un providentiel &#171; politologue norv&#233;gien &#187; (!), 'l'id&#233;ologie est bien l&#224;, elle est couv&#233;e, nourrie et r&#233;invent&#233;e' &#8230; Ce qui pourrait (&#8230;) mettre la Chine sur la voie d'un 'Etat de puissance' &lt;i&gt;de type fasciste&lt;/i&gt; &#187;. Puissance inusable des mots magiques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'exp&#233;rimente dans cette surench&#232;re discursive, c'est une politique de l'ennemi qui, pour s'avancer masquer, ne s'applique pas moins avec constance et assiduit&#233; &#224; travailler la p&#226;te des opinions occidentales, en vue de les pr&#233;parer &#224; la perspective d'un changement du r&#233;gime de l'hostilit&#233; (aujourd'hui larv&#233;e) entre le bloc occidental, ses alli&#233;s en Asie de l'Est &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; la puissance chinoise montante. Ce discours est d'autant plus port&#233; &#224; gagner en v&#233;h&#233;mence, &#224; adopter un ton d'impr&#233;cation et &#224; s'accompagner de postures belliqueuses qu'il est pris dans un double lien : plus ce qui constitue son horizon ind&#233;passable, son fonds intangible de normativit&#233; (l'Un-seul de la d&#233;mocratie de repr&#233;sentation et de march&#233;, les droits de l'homme comme fonds de commerce) se brouille et prend l'eau de toutes parts (le sympt&#244;me Trump vient ici imm&#233;diatement &#224; l'esprit), et plus le trait allergique &#224; toute forme d'alt&#233;rit&#233; ou de diff&#233;rence effective et marqu&#233;e s'accuse. Ceci dans un pr&#233;sent ou une actualit&#233; dans lesquels tout tend &#224; remettre en selle la notion d'une relativit&#233; des formes de gouvernement des populations &#8211; &#224; l'&#233;vidence, &#171; on &#187; (les gouvernants) peut faire &lt;i&gt;tout autrement&lt;/i&gt; que &#171; nous &#187; (les d&#233;mocraties occidentales) faisons et &#233;tablir des formes de gouvernementalit&#233;, notamment de relation entre gouvernants et gouvern&#233;s, durables et fond&#233;es non pas sur le caprice de bouffons faits rois mais de calculs rationnels d'int&#233;r&#234;t &#224; long terme. N'est-ce pas le b-a ba de la philosophie politique occidentale que toute souverainet&#233; tend non seulement &#224; se maintenir et &#224; s'accro&#238;tre ? &#8211; cela m&#234;me &#224; quoi excelle aujourd'hui la puissance chinoise, par des moyens dont on aurait du mal &#224; &#233;tablir qu'ils sont plus violents et intol&#233;rables que ceux dont font couramment usage les puissances occidentales lorsqu'elles mettent en &#339;uvre tous azimuts ce &#171; droit d'ing&#233;rence &#187; qu'elles s'accordent si lib&#233;ralement &#224; elles-m&#234;mes....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps agit&#233;s de la R&#233;volution culturelle, aujourd'hui unaniment d&#233;cri&#233;e en Occident comme &#226;ge de chaos et de terreur, le correspondant du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#224; P&#233;kin, Alain Bouc, &#233;tait un maol&#226;tre forcen&#233; et d&#233;clar&#233; &#8211; y compris dans l'exercice de son m&#233;tier. Des intellectuels fran&#231;ais, europ&#233;ens, de haute vol&#233;e faisaient le voyage &#224; P&#233;kin et en revenaient souvent enthousiastes. M&#234;me l'ennemi intime du peuple de Mai 68, Alain Peyrefitte, pr&#233;disait alors &#224; la Chine le plus bel avenir, dans un best-seller au titre proph&#233;tique &#8211; &lt;i&gt;Quand la Chine s'&#233;veillera&lt;/i&gt;... Bref, tout ce qui se pensait, se disait, s'&#233;prouvait &#224; propos de la Chine ne s'&#233;non&#231;ait pas &#224; l'unisson du &lt;i&gt;storytelling&lt;/i&gt; concoct&#233; par les t&#234;tes de drones de la com' contemporaine. C'est, comme disait Deleuze, qu'il est des &#233;poques o&#249; l'intelligence trouve l'occasion de p&#233;tiller et d'autres o&#249; elle se retire dans le d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, plus l'&#233;vidence s'impose que la d&#233;mocratie &#224; l'am&#233;ricaine ou la fran&#231;aise (Tocqueville) ne saurait, dans notre actualit&#233;, s'imposer comme un mod&#232;le universel pour les autres, tous les autres, et plus se font pressantes et mena&#231;antes les injonctions que leur adresse cet Occident en perte de vitesse d'avoir &#224; importer ses formes politiques, sa bimbeloterie id&#233;ologique boost&#233;e aux &#171; valeurs &#187;, les produits de ses industries culturelles, etc. Pour un peu, on se croirait revenu au temps o&#249; les Anglais for&#231;aient les ports chinois pour y d&#233;verser leurs ballots d'opium et en imposer la salutaire consommation aux populations locales.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est le paradigme de la vieille Merced&#232;s, juste bonne pour la casse : &#171; Vous n'avez pas le choix, c'est la seule voiture digne de ce nom, vous devez l'acheter, pas de discussion ! &#187;, lancent aux Chinois les intellectuels en livr&#233;e et les gouvernants du bord occidental. &#171; Mais c'est une &#233;pave, elle n'arr&#234;te pas de tomber en panne ! &#187; se r&#233;crient les Chinois, laissez-nous donc construire notre propre voiture... &#187;. &#171; Comment, vous refusez d'acheter notre Merced&#232;s b&#233;nie des dieux !!! Crapules, assassins, ennemis de l'humanit&#233;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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