L’idée saugrenue d’un bonheur intégral semble prise entre cruauté (Georges Bataille) et naïveté (Frédéric Lenoir), au point que rares sont ceux qui se risquent à penser une telle chose. Le bonheur ne serait-il pas l’impossible : un piège à philosophe, une simple idée régulatrice ou une chimère métaphysique, plus dangereuse à aborder finalement que la tristesse, la souffrance ou le désespoir, qui ont trouvé depuis longtemps leurs lettres de noblesse dans la littérature et l’essai (voir (…)
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Parutions
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Penser à Demy
11 mars 2014, par Philippe Chevallier -
Jacques Demy L’enfance retrouvée
14 février 2014Vient de paraître Jacques Demy L’enfance retrouvée Alain Naze Collection Quelle drôle d’époque ! ISBN : 978-2-343-02575-9 10.50 €, 74 p.
À l’origine de ce petit livre, il y a d’abord ce bonheur têtu, non démenti au fil du temps, du spectateur face aux films de Jacques Demy. Selon quels mécanismes singuliers cette oeuvre cinématographique parvient-elle à produire ses effets ? On parlerait de l’univers « en chanté » du cinéaste nantais, bien sûr, on évoquerait aussi cette part d’enfance (…) -
Jean-Yves Potel "Les Disparitions d’Anna Langfus"
21 janvier 2014Par Jean-Yves Potel
Anna Langfus 1920 Lublin-Paris 1966
Romancière et dramaturge française, Anna Langfus a disparu le 12 mai 1966, à l’âge de 46 ans. D’origine juive et polonaise, elle vivait en France depuis vingt ans. Elle fut une des premières rescapées à emprunter la fiction romanesque pour transmettre l’expérience de la Shoah. La première femme, aussi. Malgré une courte carrière littéraire, Anna Langfus fut, dans les années 1960 (celles de Schwartz-Bart* et de Rawicz*) une (…) -
Recension du livre d’Alain BROSSAT : Le plébéien enragé
14 décembre 2013, par Tony FerriAlain BROSSAT : Le plébéien enragé. Une contre-histoire de la modernité de Rousseau à Losey, Éditions Le passager clandestin, 2013.
Ce qui est d’emblée frappant à la lecture de ce livre, c’est qu’il est d’une densité rare, en ce qu’il mêle originalement littérature, cinématographie, philosophie et politique. Pour donner une idée de l’emboîtement de ces domaines disciplinaires, de leurs échos, de leurs circularités, de leurs compositions correspondantes, on pourrait dire que l’analyse y est (…) -
« La condition pénitentiaire. Essai sur le traitement corporel de la délinquance », T. Ferri et D. Brkić
16 octobre 2013, par Gérard De ConinckL’Harmattan, coll. « Questions contemporaines », 2013.
Ce livre étonnera plus d’un professionnel de la Justice, non seulement parce qu’il associe deux expériences personnelles différentes et complémentaires, mais surtout par sa mise en lumière du corps dans le cadre de la pénalité. Trop longtemps oublié, le corps reprend paradoxalement une place importante dans la mise en oeuvre d’un nouveau mode d’exécution des sanctions, à savoir la surveillance électronique. Décrivant une prison (…) -
Le plébéien enragé. Une contre-histoire de la modernité de Rousseau à Losey
29 septembre 2013D’Alain Brossat
On trouvera dans des romans comme Le Rouge et le Noir, Les Hauts de Hurlevent ou L’amant de Lady Chatterley, sinon ce qu’on y cherche, du moins ce qui va s’accorder au plus près avec l’attente de chacun : donc plus souvent la fable « éternelle » des amours contrariées que celle du plébéien moderne, rebelle… voire enragé.
Pourtant, c’est bien cette dernière figure qu’Alain Brossat va s’attacher à décrire dans son nouvel essai, en revisitant ces « classiques » et quelques (…) -
Tumultes, numéro 40 (juin 2013) : Noms du peuple
24 juillet 2013, par Philippe CaumièresSous la direction de Thomas Berns et Louis Carré
D’après notre sens commun démocratique, le peuple serait la source d’où procède la légitimité du pouvoir politique. Pourtant, lorsqu’il s’agit de définir en quoi il consiste, nous nous trouvons de suite confrontés à la foncière ambiguïté du terme « peuple » : « souverain », « classe », « plèbe », « nation », « population » apparaissent comme autant de manières possibles de dénommer ce sujet collectif. Le peuple semble introuvable tant ses (…) -
Discussion autour du livre d’Alain Brossat Les serviteurs sont fatigués (les maîtres aussi)
9 juin 2013, par Alain NazeLe nouveau livre d’Alain Brossat peut être envisagé comme la reprise et le prolongement d’une réflexion entamée naguère, quant à la relation maître/serviteur, dans le cadre d’un précédent ouvrage, Le serviteur et son maître. Essai sur le sentiment plébéien . Nous aurons l’occasion d’évoquer les modifications d’inflexion entre ces deux moments, dont on pourrait dire qu’ils mettent en scène deux époques bien différentes de ce rapport. C’est qu’Alain Brossat envisage en effet le rapport (…)
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FOUCAULT ET LA GÉNEALOGIE DES SEXES
9 juin 2013, par Rosa María Rodríguez MagdaComment aborder l’œuvre d’un auteur qui ne voulait pas être un auteur, qui reniait la notion d’œuvre, et en plus dans une recherche sur un sujet dont d’ailleurs il ne s’occupa pas trop ? Probablement de la même façon dont il parlait des autres : « Les gens que j’aime, je préfère les utiliser…, les déformer, les faire geindre et protester ». Il s’agit d’utiliser des textes, des intuitions et de les appliquer en amplifiant leur premier champ d’expérimentation, de contraindre des engrenages et (…)
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Le manifeste de la plèbe A propos du livre d’Alain Brossat « Les serviteurs sont fatigués (les maîtres aussi) »
9 juin 2013, par Philippe RoyLe livre d’Alain Brossat énonce une thèse forte : une intuition fondamentale de la politique est la division entre maîtres et serviteurs (16), elle est un fond immuable (14), elle est même peut-être un fondement de la politique (16). C’est un invariant, une sorte d’atome relationnel de pouvoir que l’on retrouve associé à d’autres formes de pouvoir (peut-on dire à toutes les formes ?). Cette relation entre maîtres et serviteurs est ce qui ne varie pas dans ce qui varie. Ce concept d’atome (…)
Ici et ailleurs