La crise du présent se condense dans celle de l’habitabilité du monde. Moins que jamais, nous ne savons où habiter, comment habiter ni avec qui habiter. Habiter, selon la tradition philosophique occidentale, c’est infiniment davantage qu’occuper un lieu, avoir une maison ou un logement, y installer ses meubles, y passer son temps, y dormir. C’est s’établir en un emplacement particulier, dans le monde, y trouver sa place et y définir ses relations avec l’environnement fait d’autres êtres (…)
Accueil > Contributions > Esthétique et critique culturelle
Esthétique et critique culturelle
-
Hétérotopies, communautés, lieux de vie
9 juin 2022, par Alain Brossat -
Les corps asiatiques dans le cinéma occidental
15 avril 2022, par Alain BrossatUne partie de mon travail sur le cinéma consiste à examiner la façon dont le cinéma occidental est placé, depuis ses débuts, sous l’emprise de ce que j’appelle une « grammaire des espèces ». Ce que j’entends par là est simple : quand un personnage apparaît dans un film, il est d’abord un corps et ce corps est défini et identifié selon des traits phénotypiques qui lui attribuent implicitement une place dans un certain ordre des choses, fondé sur la race ou ce qui apparaît comme tel : dis-moi (…)
-
Qu’est-ce qu’un film colonial ?
21 mars 2022, par Emile NoirautAlain Krivine, in memoriam
La première chose à dire, ce serait que pour les historiens du cinéma, pour la critique cinématographique du Nord global, la catégorie même de « film colonial », ça n’existe pas – à ma connaissance. On a toute une série de genres reconnus, de la comédie dramatique au film noir (thriller) en passant par le film fantastique, le film d’aventures, le film catastrophe, etc. – mais le film colonial comme genre, pas que je sache. La plupart des films que je souhaiterais (…) -
Vidéo - Comparer l’incomparable. Entretien sur Microciné avec Alain Brossat
9 octobre 2021L’écriture de ce livre s’agence autour du rapprochement entre deux des films les plus célèbres de l’histoire du cinéma mondial - Naissance d’une nation de D. W. Griffith (1915) et Le Juif Süss (1940) de Veit Harlan. Rapprochement auquel à la fois tout encourage mais devant lequel se dressent, en même temps, de puissants obstacles et, disons, empêchements. C’est de la tension entre ces deux pôles qu’est né le projet de ce livre. Il s’agit bien en effet d’y explorer de manière aussi (…)
-
Douces Frances ?
5 octobre 2021, par Marco CandoreÀ propos de France, de Bruno Dumont
« Une journaliste d’une TV allemande, lors des inondations de juillet, ne s’est-elle pas mis de la boue sur elle pour faire genre, comme si elle avait aidé les sinistrés, et nous raconter des salades et tout bidonner ? Du France toute crue, non ? » (Le Monde, 25.08.21, propos recueillis par Jacques Mandelbaum)
« Les journalistes parlent au nom de la France, les journalistes parlent au nom des Français en permanence ; regardez la télévision, ils (…) -
Pauvre France...
14 septembre 2021, par Alain BrossatIl se vérifie aisément que tout usage du signifiant « France » à un autre usage que la désignation d’un petit pays de forme hexagonale est voué à la plus complète des dérélictions. Ainsi de cet auteur dont la carrière s’inaugure « aux heures cruelles de la Commune » et s’achève aux lendemains sinistrés de la Première guerre mondiale ; et qui, Anatole Thibault de son vrai nom, crut propice à sa carrière de partir à la conquête de la gloire sous le nom de France – Anatole France, donc, auquel (…)
-
Le goût et l’image de l’archive
1er avril 2021Ekspozitë / Exposition - Horizonte të hapura / Horizons ouverts
Le Centre National du Film albanais en collaboration avec l’ Ambassade de France en Albanie et l’ Aleanca Franceze e Tiranes, présente aujourd’hui la première exposition consacrée à la riche photothèque de l’AQSHF, intitulée "Horizons ouverts".
Un très beau, et surtout très rare documentaire, sous-titré en français, sur les archives du cinéma albanais. -
Les puissances du faux - entretien avec Marie-Anne Destrebecq
8 mars 2021, par Alain Brossat, Marie-Anne DestrebecqOù il sera question du métier d’expert en peinture, du peintre Henri Martin et de son petit-fils Kyril Rijik, philosophe qui exerça ses talents à l’Université Paris 8
Quel est le chemin sinueux qui t’a conduite, chère Marie-Anne, d’études poussées de langue et culture chinoise à l’expertise de tableaux, singulièrement de l’œuvre du peintre post-impressionniste Henri Martin (1860-1943) ?
Le chemin ne fut pas vraiment sinueux, à part un détour en khâgne dont je me suis vite détournée pour (…) -
Cinémathèque du couvre-feu
26 janvier 2021, par Adam PašekJ’ai eu l’idée de regarder La Traversée de Paris d’Autant-Lara (1956) que je n’avais jamais vu et qui sied au contexte (couvre-feu…). Idée mise à exécution hier soir. Je suis très impressionné par la violence semi latente sous un extérieur tout gag tout sourire, notamment par ce que la violence qui fait mal dans le film n’est pas celle de la police, ni celle des occupants, mais bien plus celle de l’inégalité clivant les occupés, cristallisée dans l’ambiguïté un peu démoniaque de Gabin (…)
-
Ontologie de la médiumnité. Esprits frappeurs, machines nécrophoniques et autres grognements zombies
4 septembre 2020, par Joachim DupuisAtelier de philosophie plébéienne /Association « Voyons où la philo mène » / Samedi 19 octobre 2019 « Spectres et médiumnité : une plèbe de la pensée »
Introduction Mon propos sera d’examiner quelques-unes des conceptions de la « médiumnité » propre au XIXe et au XXe siècles, laquelle implique une communication avec les esprits. On partira de la médiumnité classique – à travers le spiritisme – qui repose sur un médium-sujet censé jouer les intermédiaires entre le monde des vivants (…)
Ici et ailleurs