« Faut essayer, mon gars ! » Jean-Luc Godard
– C’était le jour où les Costanzo ont adopté un chien, dit-il, je m’en souviens parfaitement. – Le chien était attaché à un lampadaire, dit-elle, il aboyait sans fin, on l’entendait dans tout le Pré. – Il faudrait le détacher, dit le quidam qui observait la scène, cela fait trop longtemps qu’il est là, au soleil. – On a peur qu’il nous morde, avaient dit les Costanzo, en chœur. On sait pas comment faire... – Il est à vous, ce chien ?, avait (…)
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Portraits philosophiques
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On sait pas comment faire
1er novembre 2019, par Serafim Wheelchair -
Le métaphysicien et son regard ou Patočka et la métaphysique
1er juillet 2019, par Adam PašekFar is where I’m near Far is where I live (Linda Gregg) Le rapport de Patočka à la métaphysique est compliqué ; conjuguant critique et appréciation problématique, il évolue selon une trajectoire dont la cartographie exacte est encore à établir. Il faudrait voir comment la distribution des rôles entre les personnages principaux du drame de la métaphysique change à travers son œuvre. Je choisis cependant une autre approche et me propose plus modestement de relever un topos de cette carte, le (…)
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La part de la plèbe. Pier Paolo Pasolini, Walter Benjamin, Michel Foucault
9 juin 2019, par Alexandre CostanzoLa langue vulgaire
Lors d’une intervention au sein de la bibliothèque du lycée Palmieri à Lecce, le 21 octobre 1975, soit quelques jours avant sa mort, Pier Paolo Pasolini entendait parler des cultures particulières de la langue italienne en passe d’être détruites. S’il avait choisi d’intituler son propos, « la langue vulgaire », c’est sans doute parce qu’il s’était émerveillé de la culture des gens pauvres, une « réalité physique » qu’il avait d’abord éprouvée comme un des paysages qui (…) -
La confession en philosophie [3/3]
28 avril 2019, par Mehmet Aydin11. Dans Les Confessions, écrit à la première personne et considéré comme le texte fon¬dateur de la littérature autobiographique, Augustin raconte sa vie, son enfance, sa jeunesse de « débauches » et finalement sa conversion chrétienne. Il s’agit d’un texte stylistiquement complexe, nourri notamment de Virgile et des Psaumes. Depuis leur rédaction, il y a seize siècles, Les Confessions ont fait l’objet de plusieurs traductions en langue française. Par exemple, Frédéric Boyer a fait une (…)
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La confession en philosophie [2/3]
23 avril 2019, par Mehmet Aydin6. Après Voltaire, Rousseau avait un autre contemporain célèbre, son ami Diderot. Entre les deux écrivains, il y avait un rapport très particulier, indirect : le style confessionnel de l’écriture, comme c’est le cas dans Bijoux indiscrets. Mais contrairement à son ami, Diderot n’avait pas écrit ses Confessions. En revanche, nous verrons qu’il a romancé les confessions en les transformant en style littéraire. D’où son originalité. Les relations de Rousseau et Diderot ont été complexes. En (…)
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La confession en philosophie [1/3]
15 avril 2019, par Mehmet Aydin1. La confession évoque l’intime. Dans l’histoire de la philosophie occidentale, on trouve plusieurs figures de penseurs philosophiques où l’intime se révèle comme une expérience que le sujet fait de lui-même, en faisant un récit de soi intime : il fait l’expérience, il opère des transformations sur lui-même, sur autrui, sur le monde, il éprouve son effectivité vivante. Par définition, l’intime désigne un sujet qui ne se met pas en scène, doit rester irréductible au dévoilement public, mais (…)
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« Éloge » de la trahison. Jean Genet
7 mars 2019, par Catherine PinguetCe texte est le condensé de chapitres de ma thèse sur Jean Genet et les Palestiniens (soutenue à Paris VII en 1996), retravaillé à l’occasion de journées d’étude organisées à l’Université Galatasaray (Istanbul, printemps 2000), puis quelques mois plus tard, lors du premier et dernier grand colloque Jean Genet à Cerisy-la-Salle (pour lequel les organisateurs ont trouvé le moyen de ne jamais publier les actes, seule l’intervention de Jacques Derrida a été traduite en anglais et publiée sur (…)
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Les équipements seront collectifs ou ne seront pas
3 mars 2019, par Alain BrossatDans la présentation du n°13 de la revue Recherches, rédigée par François Fourquet et Lion Murard, numéro destiné à inaugurer une série intitulée « Généalogie du capital », un « détail » saute aux yeux : l’apparition, par cinq fois, dans ce texte relativement bref, d’une « série » Foucault, Deleuze, Guattari, tout se passant comme si les deux auteurs, jeunes chercheurs à l’époque, avaient tenu à ce que ce numéro et l’ambitieuse recherche qu’il est alors supposé inaugurer soient placés sous (…)
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Un Blanqui noir -3-
31 octobre 2018, par Alain BrossatIl y a donc cette perpétuelle asymétrie, qui n’est pas simple disproportion de forces, et qui scelle le destin des Noirs américains comme perpétuels vaincus. Il y a cet acharnement des Blancs et de la violence institutionnelle de l’Etat blanc à reconduire les Noirs à leur condition inférieure, subalterne. Il y cette animosité perpétuelle des descendants des maîtres blancs contre ceux des esclaves, et dont le ressort est clairement exposé par ce récit fondateur de l’histoire de la nation (…)
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Un Blanqui noir -2-
26 octobre 2018, par Alain BrossatLes lettres que George Jackson adresse à ses proches, à son avocate et, dans les derniers temps de son incarcération à Angela Davis, sont un laboratoire de pensée plébéienne où l’on voit, certes, les lectures (notamment celles d’auteurs révolutionnaires) instruire la pensée, mais surtout des contre-récits prendre consistance au fil d’une méditation continue, d’une concentration de la réflexion sur le parcours individuel de leur auteur et, à partir de ce fragile point d’appui, sur le destin (…)
Ici et ailleurs