Accueil > Contributions > Actualité > Ingénieux plan cul au Crédit coopératif
Ingénieux plan cul au Crédit coopératif
samedi 13 septembre 2025, par
« Quand on organise une course cycliste, mieux vaut prévoir une ligne d’arrivée »
Tom Pidcock, coureur britannique, sur le Tour d’Espagne 2025, à l’issue d’une étape mouvementée due à la présence sur le parcours de manifestants en faveur de la Palestine
1- Mieux vaut un chalet dans les Alpes qu’un chat laid dans les pattes.
2- C’est l’histoire d’un humoriste (on dit aujourd’hui stand-upper) sur le retour qui, sentant que ses vieilles blagues ne faisaient plus vraiment rire, s’était pendu à une poutre de sa mezzanine ; ceci, non sans s’être accroché autour du cou une pancarte portant ces mots : Place aux jeunes ! Ceci, aussi bien, dans le secret espoir que cette ultime saillie ferait rire au moins la femme de ménage qui ferait la macabre découverte.
3- Un illusoire calcul rationnel d’intérêt : quand, suivant les consignes de tel ou tel parti parlementaire, vous votez au second tour pour un ennemi clairement identifié comme tel en vue de « barrer la route » à un plus grand ennemi encore, vous effectuez en réalité une transaction qui, pour être subreptice, n’en constitue pas moins un fait massif : vous congédiez vos idées, vos convictions, vos engagements les plus chers en vue d’accorder un répit à une institution (la démocratie parlementaire exsangue) qui, elle, ne vous accorde rien en échange, tout au contraire. Cette capitulation sans condition a une destination parfaitement distincte : la perpétuation de l’institution, dans quelque état qu’elle soit et à quelque fin qu’elle se survive, vous importe en fin de compte davantage que ce qui, au reste, est supposé vous tenir le plus à cœur. Mais si, à cette heure réputée décisive (le second tour, avec ses grands et petits arrangements et, surtout, abandons), il apparaît que nos idées et convictions doivent régulièrement céder le pas à l’intérêt supérieur de l’institution (sa continuité), de quoi ce que l’on nomme habituellement citoyenneté est-il fait, en vérité ? Là où le jugement souverain du citoyen s’efface devant l’intérêt supérieur du système, la citoyenneté n’est-elle pas l’autre nom de la servitude volontaire ?
4- Il est parfois difficile d’opérer le partage entre l’amour fou et l’idée fixe. Ce qui est bien fâcheux, le premier étant supposé sublime et la seconde déplorable. Voir à ce propos Walk on the Wild Side, d’Edward Dmytryk, 1962.
5- Se prendre les pieds dans le tapir : cette expression est empruntée à la langue des Yonomanis, peuple premier d’Amazonie ; depuis toujours, les chasseurs yanomanis qui traquent nuitamment le petit et le gros gibier, trébuchent sur de gros tapirs paresseux, endormis en travers des sentiers. Quelques livres et films à succès ayant attiré l’attention du public occidental sur cette admirable tribu, l’expression susmentionnée a migré vers les principales langues européennes, pour devenir, au prix d’une légère altération, celle qui nous est, désormais, familière : se prendre les pieds dans le tapis. La faute à Clastres and Co.
6- Le pire, à l’hôpital, ce n’est pas le cancer en phase terminale, c’est la télé qui braille toute la journée dans la chambre – le voisin de lit subclaquant mais addict jusqu’au bout.
7- Québec : aucun intérêt – les US en vf, et encore.
8- Cette année-là, le prix Nobel de physique avait été attribué à un groupe de chercheuses féministes rattaché à l’Université de Gramsh (Albanie) et qui avaient inventé une bombe à fragmentation dotée de l’admirable propriété de tuer sélectivement les individus mâles adultes. Aussitôt expérimentée en Afghanistan, cet ingénieux dispositif y avait aussitôt puissamment relevé la cause des femmes, sous les acclamations d’un certain féminisme occidental.
9- Ultra-trail de la connerie : la concurrence est féroce, le niveau très relevé – Bayrou pointe en tête.
10- Les gens, d’une façon générale, sont décevants. Mais de temps en temps, on s’offre une pépite, quand même.
11- Ça ne doit tout de même pas être si compliqué que ça d’être mort, se consolait N. dans l’ambulance qui le conduisait à l’hôpital, puisque tout le monde, sans exception, en passe par là. Alors, pourquoi est-ce qu’on en fait une telle histoire ?
12- Il n’est pas sûr que tous les chemins mènent à Rome, mais qu’il passent tous par la Colonie, ça c’est sûr. En France, du moins, en Grande-Bretagne aussi bien...
13- Avis : les toilettes publiques situées en face de la gendarmerie, sur l’arrière de la place du Chancelier Duprat, à Issoire, Puy-de-Dôme, sont irréprochablement propres, régulièrement nettoyées à grande eau, inodores. Cela méritait d’être mentionné.
14- Quand les gens divorcent, c’est à l’évidence qu’ils n’étaient pas mariés sous le régime de la communauté des biens, mais de la communauté des maux.
15- Au XIXème siècle, les gens qui faisaient la claque, au théâtre, et évitaient ainsi à bien des pièces de tomber dès la première représentation, étaient payés pour ça. Modiquement, mais payés. Aujourd’hui, tous les cons de la terre se bousculent pour faire la claque dans des émissions de télé encore plus cons qu’eux.
16- Au cinéma, le kitsch, c’est juste la version niaise du sublime. Le sublime mis à la portée de la masse. Le sublime associé au mépris infini de la masse promu par la culture de masse industrielle.
17- Dans le cinéma populaire français des années 1970, la marque de modernité, associée à la liberté, conjuguée à la plus-value ornementale, c’est qu’on voit profusément (en plan moyen et en couleur) des seins de femme. Jeune, pour ce qui est de la femme, fermes pour ce qui est des seins.
18- L’humanité occidentale (généralement blanche) se divise en deux catégories : la première regroupe ceux et celles qui prennent leur café du matin dans un bol et, le bol étant tenu à deux mains, ont l’œil rivé sur leur smartphone posé sur la table devant eux.elles. La seconde rassemble ceux et celles qui boivent leur café dans un mug et qui, tenant celui-ci d’une main, peuvent avoir leur smartphone dans l’autre. On notera donc que, sur l’essentiel, les deux espèces se rejoignent. Au reste, on relèvera au passage qu’au fil du temps, l’expression ras le bol, apparue dans les années 1970, a pris un coup de vieux, comme celle qui l’a précédée, plein le dos. Les nouvelles générations leur préféreront des formules plus colorées comme ras la casquette ou ras le cocotier. En attendant ras le mug, un jour ?
19- Si l’on vous parle de l’Amour, majuscule, assurez-vous qu’il s’agit bien du long fleuve tranquille s’écoulant en Sibérie. Sinon, cave canem !
20- Plus l’humanité est motorisée, plus elle se montre dangereuse.
21- Lors des repas de famille, mon père aimait parfois à divertir l’assistance en imitant le cri du cochon qu’on égorge.
22- Le jour venu, saurez-vous vous tenir à la hauteur de la situation en versant des larmes de sang ?
23- Un nouveau bruit s’est installé dans notre existence quotidienne : celui des moteurs de voitures électriques – comme étouffé par une sourdine, éloigné, extraterrestre, presque. Dans peu de temps, on n’y prêtera plus attention, ce sera comme le brouhaha des cours de récréation.
24- Appliquons jusqu’au bout les principes de l’économie libérale : exigeons des petits passereaux qui viennent picorer dans notre jardin qu’ils nous paient un loyer. De même pour les taupes, même si elles occupent surtout le sous-sol. Le casus belli entre les deux grands « ismes » modernes, le libéralisme et le marxisme, est ici flagrant – bien creusé, vieille taupe !, se réjouit le second, étant entendu que l’animal creuse ses labyrinthes dans le sous-sol du capitalisme sans jamais bourse délier.
25- Au Grand Festival annuel de la Mauvaise Blague de Raon-l’étape (Vosges), le grand prix a été décerné, à l’unanimité du jury, à la suivante : Trump est un inverti invétéré, vu qu’il adore se faire empapaouter sans répit par un Netanyahou formidablement membré – la blague triomphe conjointement dans les deux catégories : homophobie, antisémitisme.
26- N’importe quoi : au-delà du pont de Kehl, cordialement s’écrit cordiallemand.
Stéphanie Bichon
Ici et ailleurs