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Le plaisir textuel/c’est un rêve d’hirondelle...
lundi 10 novembre 2025, par
« A la fin tu es las de ce monde ancien »
Guillaume Apollinaire, Alcools (1913)
1- Plus que jamais : Der Tod is ein Meister aus Israel.
2- Et si Apollinaire, plutôt que : « Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire » avait écrit « Mon rire s’est brisé comme un éclat de verre » - ça aurait bousculé l’histoire du XXème siècle ?
3- La promo la plus nulle : pour trois chaussettes achetées, la quatrième offerte.
4- Mieux vaut un petit arbousier dans le jardin qu’un gros bousier dans le gratin.
5- J’aimerais bien savoir quand et comment on est passé de touche pas à mon pote à touche pas à mon sang, touche pas à ma race, touche pas à mon sol. Où, quand et comment ça a commencé à tourner mal, quand et comment s’est produit le tête-à-queue.
6- Il est manifeste et constant que les personnes qui répondent « avec plaisir » lorsqu’on les remercie pour nous avoir servi un café ou posé un pansement sur un bobo se font une bien maigre idée du plaisir. Sinon, elles diraient « pas de quoi », comme avant.
7- Quand les morts ressusciteront, leur premier souci sera de s’assurer que leur passeport demeure en cours de validité.
8- Con comme un airbag Takata.
9- Nihilisme (à la puissance 10) des élites gouvernantes : à la veille de l’incarcération à la prison de la Santé de son héros déchu, le clan Sarkozy organise des festivités et suscite des concours de foules comme si le condamné venait de remporter un Oscar, à Hollywood.
10- Pour les bêtes, l’humain n’est pas tellement un animal extravagant parce qu’il parle et tue à distance mais bien plutôt parce que, contrairement à l’usage universel, il porte son appareil caudal par devant – et encore : à condition qu’il en soit équipé, ce qui n’est pas toujours le cas.
11- Les woke intégraux en font parfois un peu trop - quand ils exigent par exemple que l’honorable Schwarzenegger change de nom et s’appelle désormais Arnold Afrodescendant. Sur ce point, on ne peut que se rendre aux raisons de Trump et de son puissant braintrust.
12- L’amour et l’argent se regardent en chiens de faïence. Se pourrait-il qu’ils se fassent la gueule ?
13- Regarder la mer à travers une paire de Rayban, même connectées, cela ne suffira jamais à remplir une existence.
14- N. avait achevé de désespérer de l’avenir (le sien en particulier, celui de l’humanité en général) depuis qu’il avait trouvé coup sur coup dans sa boîte à livres préférée (transformée pour le coup en dépotoir) un cendrier en verre, un gobelet en carton siglé McDo, une paire de ballerines, une bobine d’allumage usagée, dans son emballage d’origine.
15- Conseil de dentiste : Renoncez à embrasser (sur la bouche) les Mentonnaises – ça donne des caries.
16- La réalité tend à devenir toujours plus évanescente – et nous avec.
17- La main a mordu le chien. Le chien s’appelait Olga, pour tout arranger.
18- Il arrive qu’un quidam empruntant un volume dans une boîte à livres jette à la dérobée, en refermant la boîte, un regard vaguement inquiet, furtif, comme s’il venait de commettre une action coupable – tant il est habitué à payer et payer encore, payer toujours...
19- Apprendre à voir le monde par les yeux de Don Diègue, le barbon barbant de nos années lycéennes... En fait, toute cette histoire d’affront, de duel, de fils appelé à se substituer au père n’est qu’un pauvre artifice destiné à masquer la vérité triviale et crue : le problème de Don Diègue et l’objet constant de son lamento (« O rage, ô désespoir... »), c’est qu’il ne bande plus.
20- Quand j’ai débarqué à Paris, il y avait encore des poinçonneurs et des poinçonneuses dans le métro. C’est dire si je suis fraîche et rose !
Laurence Garlic-Tedesco
Ici et ailleurs