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Dieu bénit les tièdes (LOL)
dimanche 22 février 2026, par
Dieu est au diable. Nous, nous sommes là. (Pierre Bettencourt, Après moi, le soleil (1998)
1- En débat : sacrifier une amitié de quinze ou vingt ans sur l’autel d’un jeu de mots un peu corsé – est-ce bien raisonnable ? D’un côté, bien sûr, un bon jeu de mots n’a pas de prix. Mais de l’autre, l’amitié... ?
2- Dans le monde d’hier, à tout jamais perdu hélas, un dépôt de cookies pouvait s’entendre comme la livraison à domicile d’un paquet de biscuits, à l’occasion de votre anniversaire. À l’âge pourri d’aujourd’hui, il s’agirait plutôt d’une traînée de suie sur votre messagerie.
3- Aux Jeux olympiques de 1924, lors de l’épreuve du marathon (sur les bords de la Seine, du côté d’Argenteuil), des stands de ravitaillement étaient disposés le long du parcours. Les coureurs pouvaient y absorber, au passage, de fortes rasades de vin (rouge) ou de bière, au choix. Comme le disait la presse communiste française, jusqu’aux années 1960 : le vin, la bière, c’est pas de l’alcool, c’est le soutien, l’aliment et le réconfort du travailleur. (source : The Olympic Games in Paris, Jean de Rovera, 1925).
4- On ne devrait pas, parfois, bouder son plaisir, face à Trump : il est en train de liquider l’une des pires choses qui nous aient jamais été infligées, et, avec nous, aux peuples du monde : l’Occident, comme concept, comme baudruche, comme fantasme et comme arme de destruction massive.
5- Une étude longitudinale approfondie, publiée par la revue de référence Quaterly for Social Medicine (Université du Wisconsin) confirme que les habitants de la ville de Tende (Alpes maritimes) ne sont pas plus sujets aux tendinites chroniques que la moyenne des Français. En revanche, la même étude montre que les habitants de la ville de Condom (Gers) sont significativement moins exposés aux maladies vénériennes que ceux de la commune voisine de Valence-sur-Baïse.
6- Il ne suffit pas de s’appeler Larcher pour être une flèche – même au sommet de la cathédrale-État.
7- Que ceux et celles qui n’ont pas été potes un jour ou l’autre avec Jeffrey Epstein se dénoncent !
8- Prescription : lire aujourd’hui Le Monde et Médiapart comme mes amis soviétiques lisaient la Pravda et les Izvestia au temps de la perestroïka – chercher les traces de la vérité entre les lignes menteuses.
9- Trouver sa nourriture intellectuelle dans les boîtes à livres, comme les chats harets et les stray dogs trouvent la leur dans les sous-bois, les champs et les prés. Fuir les librairies comme de tristes gamelles à croquettes. Leur préférer les livres-mulots, – campagnols, – lézards...
10- Ne vous prenez pas trop la tête à vous demander pourquoi les gens vous détestent, au lieu de vous aimer – c’est juste qu’il est beaucoup plus facile de haïr que d’aimer - pas compliqué, hein.
11- N. s’alarme et se demande s’il ne vient pas de faire un mini-AVC : plus moyen de se rappeler si Sylvie Vartan est toujours de ce monde.
12- Logique (hélas...) : vous cherchez sur internet des nouvelles d’un vieil ami (dans les deux sens du terme) depuis longtemps perdu de vue et vous découvrez qu’une rue de la bourgade où vous il vécut longtemps porte désormais son nom... (rue Daniel Maragnès, 97180, Sainte-Anne)... Vous vous dites que vous auriez mieux fait de vous abstenir, la curiosité étant sans doute un péché, comme la gourmandise.
13 – Sans blague... Il paraît, on nous le répète sur tous les tons, que nos fascistes, s’inspirant en cela de Gramsci, seraient en quête d’hégémonie culturelle. Ce qui, en vérité, leur tient lieu de « bataille des idées », c’est la conquête des médias et le contrôle de la com’ placés au service de la diffusion de leur propagande, de leurs slogans, destinés à seriner sans fin leur storytelling – pas l’ombre d’une idée dans tout ça, et moins encore trace de Gramsci.
Au reste, si vous y regardez d’un peu plus près et tenez à vous rapprocher du cœur du sujet, vous constaterez que Bolloré, c’est quand même un peu l’arbre qui cache la forêt – la police, des secteurs entiers de l’armée incluant la gendarmerie, la coordination rurale – tout ça Rnisé à mort, et la vieille droite vouée désormais à servir de force d’appoint aux fascistes – le voilà, pour aller à l’essentiel, le vrai visage de la bataille des idées...
14- Si la peinture a pu survivre à la photographie et au cinéma, il est assez probable que la philosophie en particulier (et la pensée humaine en général) survivront à l’IA.
15- D’un autre côté : « Dans une perspective ’moderne’, il y a le présupposé suivant : le monde demande à la philosophie de légiférer pratiquement et politiquement (…) nous nous demandons si le monde lui adresse encore aucune demande de ce genre » (Jean-François Lyotard, Le postmoderne expliqué aux enfants, 1986)).
Il semblerait bien que nous ayons désormais la réponse (catégorique) à la question : le monde, par les temps qui courent, n’adresse plus aucune espèce de demande à la philosophie.
16- Le centenaire s’attarde sur le sentier escarpé conduisant à la mort comme d’aucun.e.s aiment à flâner dans les boutiques, aux rayons des supermarchés.
17- La querelle entre philosophie matérialiste et philosophie idéaliste de l’Histoire continue de faire rage – Exemple : à la question de savoir pourquoi les gens font (encore, un peu) des enfants, la second répond : parce qu’ils s’aiment. La première : parce qu’ils n’ont plus les moyens de s’acheter des préservatifs.
18- Médiapart : infatigables et vertueux balayeurs et vidangeurs des écuries d’Augias. Mais une fois que le ménage est fait, il faut recommencer : les écuries demeurent des écuries – fangeuses, par définition.
19- Voici désormais la fachosphère lyonnaise équipée de son Horst Wessel. Ne manque plus que le lied.
20- Depuis que le fascisme exubérant de Trump s’expose à visage découvert, le concept-à-tout-faire de populisme s’est dégonflé comme une mongolfière crevée. On apprend dans la douleur à appeler les choses par leur nom. La vogue du populisme tenait à une chose bien simple : ce mot-valise permettait de renvoyer les « extrêmes » dos-à-dos et par conséquent de se tenir bien au chaud, au centre, tout en s’ébrouant dans la pataugeoire du bon sens et de la pondération. Avec Trump et tout ce qui lui fait cohorte, cela devient toujours plus difficile.
Corentine Gazeille
Ici et ailleurs