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7 juin 2026
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Les giboulettes de Marx

Beaucoup de ces hommes se croient bien à tort des adversaires : ils sont d’abord, et tous également, des mainteneurs du parlementarisme. Leurs ambitions les divisent, mais leurs intelligences, nourries des mêmes préjugés, quand elles jouent, comme ce soir, d’une façon toute désintéressée, produisent des séries fort analogues d’affirmations et de négations.
— Maurice Barrès, Les Déracinés (1897).

1- Edouard Philippe, pré-candidat favori de la droite pour l’élection présidentielle de 2027 : blanchiment de politichien sale – les choses se passant comme si tout le monde (ou presque) avait oublié que ce minable était Premier ministre pendant la phase de plus grande virulence de la pandémie covidienne et s’est à ce titre rendu directement responsable, tant par négligence qu’incurie, de la mort de dizaines de milliers d’habitants de ce pays. La politique présidentielle, c’est l’art non seulement de faire du neuf avec du vieux, mais de recycler sans fin le non-recyclable. Il devrait tout de même y avoir des limites à l’ultra-présentisme (comme si la pandémie covidienne se perdait dans la nuit des temps).

2- Refermant mon cinquantième Simenon (remède souverain contre les insomnies), je n’en démords pas : l’inventeur de Maigret n’aime pas les Juifs au même titre exactement que son héros a horreur des tantouzes (sic). Parfois, Simenon, c’est juste un peu nazi (et ça fait la paire avec Hergé, l’autre demi-dieu belge), et parfois, c’est génial. Comme c’est compliqué, la littérature, pire que la vie, encore...

3- Le sentiment démocratique n’est une qualité et un acquis de la civilisation qu’à la condition de se combiner avec la capacité de discerner, quand cela s’impose, les conditions dans lesquelles les libertés démocratiques doivent impérativement être suspendues pour le bien commun. Ceux.celles qui ne font pas la différence entre tyrannie, despotisme et la dictature dans son sens originel (la suspension temporaire des institutions de la démocratie, en totalité ou en partie en vue du salut public) feraient mieux de continuer à regarder l’herbe pousser dans leur jardin.

4- Certains prétendaient que Régis Debray était mort depuis longtemps ; d’autres qu’il s’était fait moine trappiste ; d’autres, enfin, que, totalement sénile, il confondait son auxiliaire de vie avec le Che. Mais le pire, hein, le pire du pire, c’est que tout le monde s’en foutait éperdument.

5- Évangile selon Saint-Méluche : À la France insoumise, on ne dit plus : Liberté, Égalité, Fraternité, on dit désormais : Jamais trois sans quatre.

6- Les boîtes à livres regorgent de littérature coloniale démonétisée, en tous genres, on s’en débarrasse comme on déchire les mauvaises pages de l’histoire nationale. Mais plutôt que regorgent, on devrait dire qu’elles les régurgitent ou alors carrément qu’elles dégorgent – comme font les escargots de leur bave, interminablement.

7- Tous les flûtistes, et c’est heureux, ne meurent pas d’un cancer de l’appeau.

8- Hantavirus : la faute à qui ? – la faute aux Russes !

9- Programme pour le millénaire à venir : s’éloigner des cons, se rapprocher des animaux – un tournant dans la civilisation.

10- D’un serpent à sonnette (cobra, naja...) qui se roule dans la fange, on dira volontiers qu’il est indécrottable.

11 – Montée de l’antisémitisme : souciez-vous un peu plus du génocide réel à Gaza et un peu moins des pogromes imaginaires chez nous et vous verrez que ça ira tout de suite mieux.

12- Trouvé dans mes spams : LIDL – votre friteuse a été validée avec succès. Voilà qui fait chaud au cœur.

13- Avez-vous déjà pissé dans un carton à chapeaux ? – Il n’est jamais trop tard pour essayer...

14- La politique tournée vers l’émancipation ne peut prospérer que si elle est associée à la joie, et réciproquement. Seule une politique associée à la joie a la capacité de composer une force en marche vers l’émancipation. Les pseudo-mouvements de « libération » ayant contracté avec les affects tristes ne promettent que de nouvelles servitudes et sont gangrenés par l’esprit de police. Les jeunes ne s’intéressent pas à la politique, nous serine-t-on - d’abord, c’est là une généralité trop uniforme et puis, quand c’est vrai, c’est que la politique les rend triste – ce qui n’est pas une surprise : elle est devenue, dans toutes ses formes ou presque, y compris celles qui s’associent au motif de la libération, intrinsèquement triste.

15- Parole de boucher, après l’orage : je me suis faux-filet entre les gouttes.

16- Peines alternatives : au lieu de renvoyer Sarkozy en prison, ce qui lui fournirait l’occasion d’écrire un nouveau livre à succès (en ramassant au passage des droits d’auteurs couvrant les frais de Justice), le condamner à être dépecé, cuisiné et dégusté à l’occasion d’un festin national. Les convives seraient taxés à hauteur de deux mille euros par tête de pipe, la somme rassemblée à l’occasion étant destinée à la dépollution de la Seine, cause utile s’il en fut.

17- Il arrive que les boîtes à livres ressemblent à des confessionnaux : on vient déposer ses mauvais livres dans les premiers comme on le fait de ses mauvaises pensées dans les seconds – c’est qu’on a juste entendu à la télé que leurs auteurs sont désormais dénoncés par un nombre variable de femmes, voire d’hommes, comme harceleurs et violeurs. On espère, en se débarrassant de ces livres, congédier avec eux la honte de les avoir adorés (les livres et leurs auteurs).

18- Encore un jeu à la con : un appartement spécieux, un raisonnement spacieux, être pris en orage, être surpris par l’otage, rouler un matin, se lever le patin, souffrir d’une verrue planétaire, explorer le système plantaire, être face à son festin, être invité à un destin, être fou comme un tapin et dépoitraillé comme un lapin, grimper à un arabe, parler arbre, avoir l’outarde qui vous monte au nez, tirer une moutarde, éclipse scolaire, bus solaire, chasser le tapis, battre le tapir, etc. Le principe des contrepèteries demeure différent : être folle de la messe, etc.

19- Quand les journaux ne savent pas quoi prendre pour illustrer un fait divers, quel qu’il soit, ils mettent une photo de flic(s) – avec armes, gilets pare-balles et inscription « POLICE » en caractères d’affiche. On créé ainsi une accoutumance à l’omniprésence naturelle de la flicaille, dans la rue, dans les têtes, dans les séries télévisées – partout.

20- L’époque est sortie de ses gonds. La preuve : la prolifération d’une espèce nouvelle, le nazi affublé d’une kipa.

Loïc Hétron

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